Lorsque mon amie France, l’artiste du pastel, m’a proposé d’écrire des contes pour accompagner l’exposition de tableaux qu’elle préparait sur le même thème, j’ai dit oui… A la fois intriguée et tentée par cette nouvelle aventure, presque un défi !
Voici le résultat… Au pastel, “Face à face”, par France
http://pastelissimo.over-blog.com/… J’aime les sentiments, les couleurs et le cœur qu’elle glisse sur la toile.
Et sous ma plume, “Le vieil homme et l’arbre vénérable” !

Dis-moi, comment trouver le chemin de la raison ? J’ai traversé toutes les mers, dépassé tous les obstacles, rencontré ces hommes qui vivent sur les terres les plus arides… J’ai vu ceux qui ployaient le dos sous les coups, ceux qui baissaient le regard sous l’humiliation, ceux qui jubilaient d’avoir gagné, ceux qui ricanaient d’avoir vaincu. Mes pieds ont ressenti tous les gravillons de la Terre, mes mains en ont serré d’autres, mes yeux ne peuvent plus que reproduire des images. Mon cœur a tant vibré qu’il va bientôt s’arrêter. Mais je cherche encore…
Ainsi parlait Séraphin, l’ancien savetier des Baronnies.
Alors le chêne vénérable, qui avait vu bien plus encore, depuis mille ans qu’il poussait ses branches vers le ciel, à la recherche de la lumière éternelle, lui fit cette proposition étonnante.
Entre, entre donc, faufile-toi à l’intérieur de mon tronc. Viens lire toutes ces histoires que j’ai capturées, écouter les cris des chevaliers, les rires des troubadours, les soupirs des amoureux. Ce n’est peut-être pas une réponse que tu trouveras. Mais des dizaines et des centaines. Car chaque histoire, chaque petit être qui creuse son sillon sur cette Terre et prend sa place, détient un bout de la vérité.
A chacun de trouver la sienne.
Alors Séraphin posa son bâton, s’enfonça dans l’enchevêtrement de racines et s’assit au cœur de l’arbre. À la lumière.
À ce jour, il n’est point reparu encore.
Il se raconte dans la région que toutes ces pensées et ces penseurs sont autant d’années de plus à vivre pour ce chêne vénérable.